Les communes maintenant intégrées à la Métropole seraient tombées dans les mains malfaisantes des promoteurs immobiliers. Un article récent de la NR le suggère en relevant tout particulièrement le cas de Chanceaux-sur Choisille, les 300 logements à venir et les innombrables constructions en centre-ville, tout en mettant en exergue le refus de permis de construire pour un immeuble de trois étages.
Que peut-on dire de notre commune que l’article de la NR « pointe » parmi « ces communes qui peinent à maitriser leur expansion » ?
N’oublions pas que ce qui guide le développement immobilier et donc l’expansion des communes c’est avant tout le PLU (Plan Local d’Urbanisme) dont dispose chaque commune depuis la disparition du POS (Plan d’Occupation des Sols).
Le PLU comme indice de la participation des communes de la Métropole au développement de celle-ci :
Pour notre commune le PLU a été proposé, soutenu puis voté par la municipalité précédente qui était à 80% identique à la municipalité actuelle. Il prend en considération notre commune comme partie de la Métropole. A ce titre il fixe un objectif de construction de 200 logements à l’horizon 2026 (durée du PLU). Selon le décompte actuel nous en sommes à 61 logements sur le « site » de La Belle Epoque et 20 logements potentiels sur les parcelles AK80, AK81 et partie de AK82. Ce qui fait un totale de 81 logements, dont 61 sûre à l’horizon 2022. Il reste donc 120 logements à sortir de terre à l’échéance 2026.
Le PLU comme volonté de la commune de maitriser son développement :
Pour chaque commune de la Métropole tout logement supplémentaire sur la période du PLU résulterait de la décision unilatérale de la municipalité et ceci quelle que soit la motivation. Cette croissance est associée à l’atteinte du pallier fatidique de 3800 habitants sur la commune. Pourquoi ce chiffre de 3800 ? Qu’est-ce qu’il y a à gagner voire dépasser les 3500 ? Ces deux chiffres (logements nouveaux et 3800) sont associés dans le PLU. Cependant, pour atteindre cet objectif la pression des promoteurs doit faire face à la résistance d’une municipalité qui sait où elle veut aller pour éviter toute dérive inacceptable.
Notre municipalité avait comme devise initiale : « Mon village au cœur de la verdure ». Par la suite la devise est devenue : « J’ai Choisille la Membrolle ». Une belle constance qui confirme ce qui constitue le premier atout de La Membrolle sur Choisille : le fait que ce soit un VILLAGE, un village aux portes de Tours, un village qui attire de nouveaux habitants par sa quiétude et également par son rajeunissement.
Quelques signes de changement ?
Les municipalités des villes concernées par l’enquête de la NR commenceraient elles à réagir ?
Comme le mentionne l’article de la NR la municipalité de Chanceaux a refusé un permis de construire pour un immeuble de 3 étages en centre-ville. Récemment, le maire de La Membrolle a préempté des parcelles proches du centre-bourg (AK 80 et AK81) sur lesquelles un promoteur présentait un projet immobilier de plus de 80 logements avec trois immeubles de 3 niveaux sur une butte de 3 mètres de haut dominant la rue de Château la Vallière.
Sans que la révolte ne gronde au sein des municipalités y aurait-il là une prise de conscience par les élus que les habitants souhaitent protéger les centres-bourgs de leurs villages ?
C’est possible, car ce qui fait le charme de ces « villages » proches de Tours c’est justement l’aspect village. Leur préservation semble être un élément attractif pour les nouveaux habitants et surtout pour les habitants actuels. La machine à copier-coller des PLU a stimulé l’appétit des promoteurs en reproduisant partout les mêmes schémas, comme si ce qui s’applique au centre de Tours s’appliquera aux centres de nos villages. Les municipalités sont et seront contraintes désormais à prononcer des refus de permis de construire de plus en plus fréquents pour mettre fin à la gloutonnerie des promoteurs immobiliers.
Des contraintes au développement de l’urbanisme de la commune :
Le développement de la commune, tant en centre-bourg qu’en périphérie, fixe des limites à un développement responsable de l’urbanisme de notre commune.
Avec le développement de la population surtout jeune dans les prochaines années, il est imaginable que l’école soit un peu à l’étroit en centre-bourg (même si aujourd’hui le Conseil Municipal s’est opposé à une fermeture de classe). S’il existe des possibilités de relocalisation l’emplacement actuel ne parait pas favorable à une urbanisation type Magnolia. Les risques associés aux dysfonctionnements réguliers de la chaufferie biomasse rappellent que l’emplacement de celle-ci n’est pas idéal. Le choix de la proximité avec les bâtiments publics est certes raisonnable mais la hauteur de la cheminée a montré à plusieurs reprises que toute construction à trois niveaux est exposée aux dysfonctionnements de cette centrale.
Par ailleurs l’expansion le long de la RD959 rapproche les nouvelles habitations du lieu de stockage temporaire des déchets amiantés de la société DG Désamiantage (achat de la parcelle 2A2 par la commune pour la création de Mazagran 2). C’est à juste titre que la municipalité a, en novembre 2019, émis un vote défavorable à l’extension à 15 tonnes de la capacité de stockage du site. Aussi longtemps que ce site restera en place il freinera inévitablement toute expansion dans cette direction.
Que dire de la protection de la vallée de la Choisille qui a été mise à mal au cours des dernières années, plus encore dans notre commune que partout ailleurs, avec la bétonisation de certains terrains du centre-bourg. La Choisille a guidé le développement du bourg y compris avec la création du plan d’eau. L’urbanisation de celui-ci serait une atteinte à la qualité de vie des habitants.
Enfin, comme le rappelle l’article de la NR, notre commune est, au même titre que les autres concernées par cet article, traversée par des axes routiers qui génèrent pollution sonore et atmosphérique. Sur ce sujet spécifique la métropole reste sourde à tous les appels. Le poids de nos communes ne pèse pas lourd dans les décisions finales. L’histoire en cours du carrefour de la RD959 et de la RD 938, un carrefour à feux qui devient un carrefour à feux avec des arbres en plus pour 1.500.000 d’Euros alors que Membrollaises et Membrollais attendaient un rond-point, nous le rappelle tous les jours.
Voilà les quelques contraintes générées par un développement historique non raisonné que la municipalité actuelle et les municipalités à venir vont devoir maitriser.
Le prix des terrains, « de la folie » ! :
Le prix des terrains a explosé et continuera à exploser dans les années à venir, là où l’offre est inférieure à la demande, à proximité des centres-villes (centre-métropole). Il explosera d’autant plus que les opportunités offertes par les PLU laisseront à entendre que tous les espaces disponibles sont accessibles sans aucune distinction. L’exemple de « notre village » est édifiant. Une note en affichage public à la Mairie intitulée « Décision du Maire » datée du 01 octobre 2020 illustre cette situation dans le cadre d’un projet immobilier proche du centre-village (parcelles AK80, AK81 et partie AK82 cette dernière appartenant à la commune). Les parcelles AK80 et AK 81 acquises par le propriétaire en mai 2016 au prix de 135.000 (selon vendeur) pour construire une maison d’habitation (sous POS) et promise à un promoteur 2-3 années plus tard (sous PLU) au prix de 390.000 pour construire un programme immobilier de 84 logements (exclu la parcelle AK82). La valeur estimée par le Domaine étant de 166.000 en septembre 2020. La préemption par la mairie a mis en exergue cette course à la surenchère des promoteurs/investisseurs.
Le prix des terrains est « de la folie » du fait des appétits cumulés de certains propriétaires et des promoteurs immobiliers.
Maitriser les PLU :
Les questions associées à l’expansion de la commune résultent pour la plupart des incohérences des plans d’urbanisme successifs (POS et PLU) au cours des années passées.
Nous soutiendrons les actions raisonnées qui contribueront à la protection :
– du centre-bourg et des parcelles qui lui ont été rattachés par le PLU
– de la vallée de la Choisille et tout particulièrement aux zones humides (plan d’eau tout particulièrement)
La réduction du trafic poids-lourds sur les RD959 et RD938 voire la suppression de celui-ci reste un objectif que nous soutenons pour améliorer la qualité de vie des habitants et réduire les pollutions sonores, visuelles et atmosphériques associées au trafic routier à un moment ou la commune prévoit de s’étendre le long de la RD959.
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